mercredi 30 avril 2014

52 MAISONS DE BOYARDVILLE ET LA PERROTINE VONT ETRE DEMOLIES PAR L’ETAT SUR L’ILE D’OLERON



52 maisons rachetées par l’Etat suite à la Tempête Xynthia situées sur l'île d'Oléron vont être démolies par l’État, dans les lieux dits de Boyardville et La Perrotine.

Parmi ces maisons, considérées comme dangereuses alors que certaines n’ont pas eu une goutte d’eau,  certaines sont de surplus en site classé et d’autres inscrites en ZPPAUP (zone de protection du patrimoine architectural urbain et paysager).
C’est un pan de l’Histoire du site et du Fort Boyard qui tombe. C’est le patrimoine du réseau défensif de l’arsenal de Rochefort, voulu par Louis XIV, qui a résisté au temps et qui tombe sous le joug de l’État.

L’association pour la Sauvegarde du Site de Boyardville (http://boyardvilleassb.blogspot.fr/) et l’association Le Clapotis ont uni leurs efforts afin de tenter de préserver la quinzaine de maisons classées qui sont des plus remarquables. C’est la dernière chance d’empêcher l’irréparable - la démolition hâtive, irraisonnée et illégale (d’après le règlement de la ZPPAUP) du bâti remarquable.

Le tribunal administratif de Poitiers a été saisi le 6 mars 2014. Des requêtes en référé ont été déposées, avec l'aide de Patrimoine-Environnement, afin de faire suspendre les travaux de démolition.

Après le rejet de toutes ces requêtes, certaines maisons ont déjà été démolies alors que nous attendons encore le jugement sur le fond. De plus, les associations ont l’intention de se pourvoir en cassation auprès du conseil d’état  contre le rejet des référés pour obtenir la suspension des travaux.

Nous avons besoin du soutien de tous pour préserver le patrimoine : Une pétition est en ligne
. http://www.change.org/fr/p%C3%A9titions/mme-abollivier-non-%C3%A0-la-d%C3%A9molition-du-village-de-boyardville
Au total, 25 millions d’euros d’argent public ont été gaspillés en rachats et démolitions. Pour moins de 10 millions, les villages auraient pu obtenir la réfection des quais et des ouvrages de défense à la mer. Une étude commandée par l’ASSB  en 2010 au bureau d’études spécialisé « CREOCEAN » le prouve.

CONTACTS

Association le Clapotis
Mme. Fournier, Présidente : 06 81 96 72 04

Fédération Patrimoine-Environnement : droit@associations-patrimoine.org

Association pour la Sauvegarde du Site de Boyardville
Henri Gomes : president@boyardville.com:
06 85 23 40 46

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Pour compléter votre information : la presse en parle :

Sud-ouest

France 3 Poitou Charente
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©Gille Boisset Carte-FranceChenal de la Perrotine, à Boyardville sur la côte est de l'Ile d'Oléron, autrefois destiné à l'alimentation des marais salants et à la construction du Fort Boyard. 

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Communiqué de Marc Fardet, Délégué pour la Charente-Maritime de la Société pour la Protection des Paysages et de l’Esthétique de la France (SPPEF), diffusé par la fédération « Patrimoine et Environnement » à ses membres et à l’ensemble de ses correspondants de presse.


Un site menacé de perdre son caractère à Boyardville et La Perrotine
28 février 2010. Les habitants de Boyardville et La Perrotine constatent les dégâts provoqués par la tempête Xynthia. La mer avait déjà frappé ce littoral, mais les habitants avaient su y faire face, tout comme ont su le faire ceux qui en furent victimes en 2010.
Dans le remarquable ouvrage qu’ils viennent de publier sur cette tempête, deux professeurs de l’Université de Poitiers Jacques Péret et Thierry Sauzeau étudient les submersions de Xynthia en Vendée et en Charente-Maritime, notamment dans le port-chenal de La Perrotine(1). Ils en analysent les causes et proposent des moyens pour y faire face. En effet, on est en droit de se demander : si les digues avaient été entretenues régulièrement, si l’une des vannes ou « varaigne » n’avait pas été délaissée et avait bien fonctionné, si le pont n’avait pas freiné l’écoulement de l’eau en amont…
De son côté, Yannis Suire, conservateur du patrimoine, a recensé un certain nombre de maisons présentant un réel intérêt architectural et patrimonial(2) : les unes à La Perrotine (St-Pierre) sont en site classé, les autres, à Boyardville (St-Georges) dans une ZPPAUP. Il faut donc à tout prix éviter de les démolir, ce qui créerait des « dents creuses » dans le paysage et une perte très dommageable pour le patrimoine de cette partie du littoral au riche passé.
En effet, elle abrita un port florissant grâce au commerce du sel et du vin et à l’élevage des huîtres. En 1871, on y dénombre 421 entrées de navires. De plus, la Marine militaire y créa un établissement pour la construction du fort Boyard (1803-1866) puis, en 1874, une Ecole des torpilles commandée par le capitaine de vaisseau Amédée Courbet(3) qui se passionnait pour cette arme nouvelle. L’ancienne caserne des ouvriers de fort Boyard, devenue caserne de l’Ecole des torpilleurs, a fait l’objet d’un projet de réutilisation, de même qu’une maison des ouvriers de ce fort dans laquelle la municipalité souhaite créer un « Musée du Fort Boyard ».
En conclusion, puisque les maisons rachetées par l’Etat n’ont subi que très peu de dégâts et qu’il y a des projets de réutilisation, il est impératif que l’action conjuguée des habitants, des associations(4), des élus et des dirigeants politiques aboutisse à la sauvegarde du patrimoine architectural de ce site qui doit garder son caractère.
Marc Fardet,
Délégué pour la Charente-Maritime de la Société pour la Protection des Paysages et de l’Esthétique de la France (SPPEF), ancien conservateur du Service historique de la Marine à Rochefort
1, rue Lesson 17300 Rochefort. 05 46 99 43 31. marc.fardet@gmail.com
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1 « Du port-chenal au quartier balnéaire : La Perrotine », dans «  Xynthia ou la mémoire réveillée. Des villages charentais et vendéens face à l’océan (XVIIe-XXIe siècle) », Geste éditions, 2014, p. 256-277.

2 « Le patrimoine architectural compris dans les zones de solidarité définies après la tempête Xynthia. Rapport d’expertise », Région Poitou-Charentes. Service de l’inventaire général du patrimoine culturel, juin 2010. L’auteur parle à Boyardville de « villas au décor riche et raffiné, caractéristiques de l’architecture de villégiature. »

3 Promu contre-amiral, il fut nommé à la tête de l’escadre des mers de Chine (1883).et s’illustra à Hué et dans le delta du Tonkin.
4 D’autres associations combattent pour empêcher ces démolitions :
L’association le Clapotis, Présidente Mme  Fournier 06 81 96 72 04
La Fédération Patrimoine Environnement : droit@associations-patrimoine.org
L’Association pour la Sauvegarde du Site de Boyardville (ASSB) : president@boyardville.com tel : 06 85 23 40 46

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